Ne nous mentons pas. Le 11 novembre fut globalement décevant. L’inertie et le besoin souverain de palabrer au lieu d’agir sont des menaces pour la survie du mouvement.Peut-être en reparlerai-je plus longuement quand la déception sera atténuée…
La France et les français doivent prendre conscience qu’il est essentiel d’agir ici et maintenant et au delà même d’une lutte contre un système moribond et injuste, c’est une question qui ne peut plus s’éluder ad libitum, car il est grand temps de réfléchir à l’après…
Samedi, nous avons assisté à une conférence sur le monde après le pétrole. Ce n’est plus un secret, le pic pétrolier a été atteint et les ressources naturelles sont en train de s’épuiser pour de bon. Sachant que rien n’est fait pour développer les alternatives efficaces et que les autres sources d’énergie ne peuvent en aucun cas compenser dans les délais impartis ce que nous permet l’or noir (auquel toute notre société est dépendante à près de 90% – puisque la quasi globalité du monde industriel et économique y est soumis), il faut s’attendre à subir des conséquences profondes, durables et potentiellement catastrophiques à échelle planétaire.
2050 n’étant qu’une date butoir, c’est dès maintenant qu’il faut réfléchir à une nouvelle société. La crise économique n’est qu’un des effets pervers de la crise énergétique que nous subissons de plein fouet et il est probable que dès 2020, nous commencions à voir nos existences bouleversées au delà de ce que nous pouvons imaginer (sans oublier que d’ici la fin du siècle, tous les pics énergétiques auront été franchis).
Certaines notions doivent être repensées, à commencer par celle du travail.
Petit rappel : « Travailler (1080) : latin populaire tripaliare = torturer avec le tripalium, instrument formé de trois pieux » (miam). Le travail actuellement pour beaucoup de monde équivaut à perdre sa vie pour la gagner. La plupart des emplois créés n’ont pas d’autre but que de faire fonctionner encore et toujours un système malade (le secteur tertiaire représente 75% de l’activité salariale). Il faudra réapprendre à oeuvrer pour la collectivité grâce à des activités principalement manuelles et artisanales. Le travail doit devenir un outil au service de l’Homme et non un outil au service de quelques hommes.Il va pour cela falloir accepter un système sans croissance stable, ce qui fait probablement trembler les financiers et les politiques actuels (qui tentent tant bien que mal de nous faire croire que seul le contraire est viable).
Afin d’assurer les besoins essentiels (Nourriture – Habitat – Santé) il est bon de retenir ces mots d’ordre : résilience* (priorité absolue !), autonomie (et non pas autarcie) énergétique et alimentaire, relocalisation des activités, réappropriation des espaces collectifs, optimisation des moyens existants et pouvant être conservés par la suite.
*Résilience = Capacité à subir un changement perturbant tout en conservant les fonctions principales et la même identité.
Il existe de plus en plus d’alternatives et de circuits en marge du système actuel. Il faut dès maintenant entrer dans une dynamique de changement et d’ouverture aux autres. Si la peur reste le sentiment dominant, il faudra s’attendre à vivre dans un monde gouverné par la loi du plus fort et encore plus individualiste qu’aujourd’hui.
Nous avons tous les moyens de faire changer les choses positivement, durablement et efficacement. C’est en nous. Il est temps pour cela d’arrêter de se regarder le nombril et de devenir humbles. L’être humain doit comprendre qu’il n’est pas au dessus des lois naturelles et qu’il en fait partie intégrante.
C’est pour cela qu’un mouvement comme celui des indigné-e-s n’est pas vain et absolument essentiel : il est la porte d’entrée vers un nouveau moyen de penser l’avenir du monde en faisant le pont entre toutes les actions qui permettront à l’Humanité d’évoluer vers plus d’égalité et de justice sociale.
Il serait dangereux et suicidaire de penser le contraire…
Quelques chiffres :
- Chaque année, ce sont 31 milliards de barils de pétrole produits. En 2011, la consommation est de 1300 milliards de barils.
- D’ici à 2030, il faudrait trouver de quoi produire entre 45 et 70 millions de barils par jour pour conserver une certaine dynamique de croissance (sachant qu’actuellement la prod – en baisse- est de 88 millions barils/jour).
- La production va décroître de 1 à 4% par an dans les 5 à 10 ans à venir (la crise pétrolière de 1973 a été causée par une baisse de 4% de la production)
- Pour remplacer un baril de pétrole avec les moyens actuels, il faudrait investir 10 fois plus d’argent
- Si on voulait compenser l’énergie pétrolière par l’énergie nucléaire, il faudrait construire de 70 à 300 réacteurs (alors que l’uranium est soumis aux mêmes lois que le pétrole : les gisements finiront par s’épuiser)
- 80% de l’énergie mondiale est fournie par le pétrole, le gaz et le charbon
- L’éolien représente à peine 0,1% du parc énergétique, le solaire 0,008% (et sans pétrole, pas de développement et de construction possibles)
Quelques lien utiles :
- Psychedd -